La compensation
"C'est notre volonté de donner notre maximum qui nous porte aux excès et aux dérèglements". Cioran
Nul besoin d'être dépendant pour compenser.
En revanche, si celui qui compense trouve une réponse satisfaisante à travers le produit ou l'activité qu'il choisit, il se peut que la compensation finisse par devenir besoin.
Le Dr Olivenstein (psychiatre spécialiste en toxicomanie) aborde le sujet de cette manière :
1 individu + 1 produit + 1 contexte particulier = dépendance
Cette triade est ici résumée de manière schématique, mais elle n'en demeure pas moins parlante.
La presse en parle souvent, les professionnels de la santé également, philosophes et sociologues ne les contredisent pas, nous vivons dans une société où la recherche constante de résultats, de profits, d'efficacité et d'acquisition quasi obsessionnelle de toutes sortes de biens, nous poussent à tout autant de comportements étranges quand ils ne sont pas carrément malsains.
Les besoins de : plaire, posséder, être performant, se surpasser toujours plus, nous font vivre une perpétuelle compétition parfois même contre nous même.
Toujours plus haut, plus vite, plus fort (comme le revendique un certain milieu), c'est le plus sûr chemin pour parvenir à l'insatisfaction. Inexorablement, cette recherche effrénée de dépassement de soi nous confronte un jour à l'insatisfaction. S'en suit la frustration.
La compensation n'est pas un acte anodin. Les conséquences qui peuvent découler d'une compensation évolutive et non exprimée sont parfois problématiques tant sur le plan de la santé que de la vie sociale et professionnelle.
Réfléchissez aux nombres de fois où vous mangez sans avoir vraiment faim (physiologique),
L'alcool que l'on consomme alors qu'aucune circonstance particulière ne le justifie, ni bon repas, ni événement, ni réunion entre amis,
L'achat parfaitement inutile que l'on fait en sortant du bureau parce que l'on s'est pris de bec avec son patron.
C'est parce que cela nous fait "du bien" et point ! Il existe une foule de chose que l'on fait, avale, consomme pour se faire du bien. Et jusque là tant mieux. Nous avons besoin d'exulter ? exultons !
Hélas nous ne sommes pas tous égaux devant ce type de comportements. Certains vont développer des dépendances, des problèmes dans leur relation au travail, à la maison etc. d'autre non. Il existe cependant des signes, des petits indices qui nous permettent, si nous le souhaitons, de prendre conscience et de changer de comportement.
Une frustration ne se nourrit pas "que de chocolat". C'est un sentiment, une émotion qui mérite que l'on s'arrête et que l'on prenne le temps de s'écouter, de faire le point, de se recentrer. Parfois même de se reposer.
Il suffit parfois de peu de chose pour retrouver un bon équilibre dans son quotidien. Reprendre un certain contrôle sur ses choix, pouvoir décider de ce qui est bon pour soi.
Addict' propose de cheminer avec ceux qui pour une quelconque raison ne peuvent ou ne veulent le faire seul.
"Chacun de nous doit être le changement qu'il veut voir réalisé dans ce monde" Gandhi